Je nommerai patience les chemins sombres où vous vous étendiez,
Mortels, la terre de mémoire,
La soie la plus fine usée par le temps,
Le sang le plus pur mêlé de larmes,
Et les sourires éteints, et les branches coupées,
Et les fruits que vous jetiez dans les mares poisseuses,
Je rendrai compte de vos actes où le feu mariait
Les rivages, les corps, les silences, les étés ;
J’ai vu glisser des ombres
Le matin revenues à la lumière :
Que cherchiez-vous à combattre, feux follets,
Sinon l’ennui ? Que cherchiez-vous à combattre sinon vous-mêmes ?
Mais la Parole dissipe le malentendu :
Vous oublierez vos caves et vos ports, je vous l’assure,
Vous vaincrez au nom d’une évidence
Plus éclatante encore que vos feux les plus vifs,
Une évidence que le vent et la glace n’atteindront pas.