Les bijoux de la cantatrice sont un signe. Continuellement perdus, ils sont systématiquement retrouvés. De même, le mouvement et le mystère dans ce nouvel album sont perpétuellement réactualisés, sans qu’il soit possible que leurs effets durent davantage que quelques planches, parfois quelques cases. Les bijoux de la Castafiore sont un épisode statique, un récit qui refuse les éclats, où le "héros" est contraint de garder les pieds sur terre. En vain on chercherait, comme à l’époque du Secret de la Licorne, un trésor caché dans les caves de Moulinsart, ou des engins d’apocalypse dans le laboratoire du professeur comme au temps de L’affaire Tournesol. Désormais, il n’y a plus que des roses "Bianca" dans les jardins, et une diva qui répète avec son pianiste au salon. Obligé de meubler ses journées du mieux possible, Tintin va être confronté, sans avoir eu le temps de s’y préparer, à des réalités sociales jusque là superbement occultées.
Les bijoux de la Castafiore, une aventure au quotidien ? Assurément. Tout ce qui pourrait annoncer un retour au fantastique, ou un retour aux intrigues policières d’antan, est rapidement désamorcé. Les personnages se promènent dans une campagne (1 p 1) où pourrait atterrir à nouveau l’avion des contrebandiers de la planche 1 de L’île noire : mais non, c’est une campagne déserte. Milou court vers la forêt et fouille la terre (2 p 1) : que va-t-il trouver ? un cadavre ? un revolver ? ou un os (comme à la planche 11 de L’île noire) ? Rien. Il a creusé un trou simplement pour creuser un trou, et il court maintenant après un oiseau (5 p 1). Dans la forêt profonde, nous suivons les "héros" (8 p 1) ; le premier plan est occupé par un arbre derrière lequel on aurait surpris, jadis, un espion ou un agresseur (comme à la planche 2 de L’affaire Tournesol) : et non, il n’y a là qu’un écureuil. La fin de la planche 1 est pleine de suspense : Tintin arrête Haddock et lui dit : "Chut !... Ecoutez !... On dirait une enfant qui pleure..." (9 p 1). Que va-t-on trouver ? un mort ? un bandit ? un robot ? Non : une enfant qui pleure (2 p 2). Quand Milou aboie, Tintin se demande : "Que se passe-t-il encore ?" (11 p 2). On peut s’interroger sur l’utilisation de l’adverbe "encore", puisque, pour le moment, il ne s’est "encore" rien passé ! Nouveau suspense à la fin de la planche 2, Tintin s’écrie : "La pauvre petite !". Qu’est-il arrivé ? La jeune Bohémienne se trouve-t-elle face à un bandit ? un robot ? Non : elle a seulement trébuché dans les ronces et s’est cognée la tête contre une racine (1 p 3). Nouveau suspense à la fin de la planche 3, une diseuse de bonne aventure regarde dans la main de Haddock et s’écrie : "OOOOOH !". Qu’a-t-elle vu ? Un avenir avec des morts ? des bandits ? des robots ? Non, elle a seulement vu la morsure du capitaine (1 p 4). Nouveau suspense à la fin de la planche 4, un BOUM terrible : s’agit-il d’une explosion avec des morts ? des bandits ? des robots ? Non, c’est seulement Tournesol qui n’a pas évité une marche cassée (1 p 5). Après toutes ces petites émotions, retour au salon pour décompresser. L’histoire piétine depuis déjà sept planches, quand Haddock est finalement cloué dans son fauteuil par une bête entorse, pour une durée de quinze jours (6 p 8), juste au moment où il s’apprêtait à partir pour l’Italie (sans but véritable d’ailleurs, certainement pas pour sauver le monde en luttant contre la maffia, puisque quand Tintin lui demande où il va, il répond : "Je ne sais pas ! N’importe où ! A Milan par exemple !", 11 p 7). Si le lecteur s’attendait à voyager à nouveau en Russie, au Congo, en Amérique du Nord, en Egypte, en Inde, en Chine ou ailleurs, c’est raté. Contraints de rester à Moulinsart à cause de l’immobilité du capitaine, les personnages en sont réduits à évoquer le passé ("Notre première rencontre en Syldavie...", se souvient la Castafiore avec nostalgie, 10 p 10). Fin de la planche 12, nouveau suspense : la gendarmerie sonne au château, pour annoncer un mort ? un bandit ? un robot ? Non, pour mettre Haddock en garde contre la prétendue nature mauvaise des bohémiens (p 13). Nouveau suspense à la fin de la planche 36, un DZING provenant de l’extérieur : Tournesol aurait-il repris ses expériences sur les ultrasons qui brisent le verre (cf. L’affaire Tournesol) ? Non, ce sont seulement les Dupondt qui ont freiné trop tard (2 p 37). Fin de la planche 53, que va-t-on voir dans le grenier ? Un bandit passer par la fenêtre ? Un robot sortir d’un carton ? Non : un hibou inoffensif (3 p 54). Fin de la planche 61, Tintin sort précipitamment : "Ah ! Vous voilà, capitaine ! Venez voir !". L’aventure va-t-elle enfin commencer ? Il serait temps, nous sommes à l’avant-dernière planche... Mais non : c’était simplement pour montrer que la marche est réparée (1 p 62). Parallèlement, tout ce qui peut enraciner le récit dans le monde du lecteur est exploité. A Haddock qui poétise sur l’"air pur et vivifiant, si fin, si léger, si pétillant qu’on a envie de le boire" (3 p 1), Tintin rappelle les odeurs désagréables du champ d’épandage voisin (4 et 5 p 1) : ainsi, dès le début, se manifeste un choix délibéré pour le réel, même dans ce qu’il a de plus prosaïque. Les personnages sont surpris dans leur vie de tous les jours : Tintin ouvre le courrier pendant que Tournesol lit et que Haddock se sert un apéritif (10 p 5), plus loin Haddock fume sa pipe et Tournesol s’occupe de jardinage (9 p 20), plus loin encore Tintin est plongé dans L’île au trésor, Haddock dans un livre de marine (12 p 43), confortablement installés devant Milou qui dort, tandis qu’Igor pianote (11 p 43). Dans un tel univers, le moindre imprévu finit par être impossible, improbable : quand la Castafiore perd ses bijoux, on ne fait même plus attention à elle ("Ne vous dérangez pas : elle les aura retrouvés dans cinq minutes", conclut le capitaine, 13 p 43). Les sous-bois d’hier, rendus inquiétants par une lumière lunaire, sont aujourd’hui des lieux propices à la méditation, à la rêverie (p 40). Une grande place est accordée aux détails de la vie quotidienne : un ouvrier qu’on convoque régulièrement et qui ne vient jamais (le marbrier Boullu), un téléphone qui sonne continuellement à cause d’une erreur de numéro récurrente (la boucherie Sanzot). Les références au temps sont nombreuses, comme la Nouvelle Vague dont le capitaine tente de singer la coiffure (9 p 22), ou Christian Dior rebaptisé "Tristian Bior" (5 p 25). Les seconds rôles acquièrent une profondeur, comme Nestor qui cesse d’être un majordome neutre, figuratif, aseptisé, en révélant des faiblesses : empli de préjugés ("Ces bohémiens, c’est tout vauriens, chapardeurs et compagnie !", 5 p 12), il est aussi sincèrement touché par l’envoi d’une photo dédicacée que lui promet la cantatrice (3 p 57).
Aventure au quotidien, Les bijoux de la Castafiore sont en fait une aventure sans histoires, une "aventure" qui n’en est pas une. Le "Ciel, mes bijoux !", nous l’avons dit, n’est qu’un leitmotiv qui permet, tant bien que mal, de remplir un temps l’existence morne des différents protagonistes. Perdus planche 10, les bijoux seront retrouvés dès la planche 11 ; on les croit évaporés encore case 14 planche 24, en réalité il s’agit seulement d’un collier qui "vient de se casser" (2 p 25) ; envolés à nouveau planche 34, ils seront redécouverts sous des coussins (7 p 39) ; leur disparition répétée finit par lasser, et on s’en désintéresse planche 43 ; et planches 56-57, Nestor arrive avec le précieux coffret avant même qu’il soit nécessaire d’entamer des recherches. Bien plus intéressantes, et plus riches de rebondissements possibles, trois énigmes coexistent. D’abord, l’énigme du grenier. La Castafiore a "entendu marcher à l’étage supérieur" (11 p 15) ; le pianiste Igor, à plusieurs reprises, a lui aussi "semblé entendre marcher là-haut" (5 p 53). Un matin, on constate des traces de pas dans la terre, sous la fenêtre de la chambre (1 p 16). De qui ou de quoi peut-il s’agir ? Le Romanichel Matéo, qui éclabousse Tintin (p 16), joue-t-il un rôle dans cette affaire ? Mais non : Matéo est simplement méfiant, convaincu à tort que Tintin et le capitaine n’aiment pas les bohémiens et qu’ils "font semblant de [les] aider, et dans le fond de leur cœur [les] méprisent" (8 p 13). Les empreintes dans la terre sont celles d’Igor, qui a voulu s’assurer "que personne n’aurait pu escalader la façade en s’aidant du lierre" (8 p 53). Et les soi-disant pas au grenier ne sont que les grattements d’"un hibou ou d’une chouette qui niche" (3 p 54). Ensuite, l’énigme Igor. Le pianiste, discret, mystérieux, paraît bien trop poli pour être honnête. Pourquoi insiste-t-il sur le fait qu’il était au piano (4 p 44) et qu’il n’a rien pu voir, quand un bruit de chute parvient de l’escalier ? Il n’a nullement besoin de préciser qu’il était au piano : on l’entendait très bien... Il fronce les sourcils, cases 4 et 5 planche 18 : désapprouve-t-il simplement l’animosité du capitaine, ou a-t-il peur d’autre chose ? Peur de quoi ? D’être privé de piano ? Il est au courant de la cachette des bijoux : on le voit écouter à la porte quand la Castafiore donne la clef du coffre à sa servante Irma (10 p 14). Il quitte secrètement le château en laissant branché un magnétophone (p 50 et 51). On le surprend dans une cabine téléphonique, parlant par code ("Sarah... Oriane... Sémiramis...", 12 p 23). Communique-t-il des informations ? A qui ? ("Non, non, je vous téléphonerai moi-même... C’est entendu... A demain", 1 p 24). Mais non : joueur invétéré, le musicien se rend en ville, régulièrement, pour parier aux courses, sans avoir jamais osé prévenir qui que ce soit pour éviter les foudres de sa patronne (p 53). Enfin, l’énigme du journaliste. Une voiture stationne devant le portail ; des individus à l’intérieur sont apparemment intéressés par la diva (11 p 9). Cette dernière serait-elle devenue une Mata Hari ? Aurait-elle décidé de faire de Moulinsart son repaire ? Qui sont ces deux inconnus qui courent dans le parc (11 p 13) et s’enfuient en voiture (3 p 14) ? Seraient-ce encore des Incas comme dans le jardin du professeur Bergamotte (cf. Les 7 boules de cristal) ? ou des espions syldaves ou bordures comme du temps de L’affaire Tournesol ? On les retrouve un peu plus tard, cachés dans la végétation (15 p 19, 12 p 20). L’inquiétante voiture réapparaît, ses passagers sont bien décidés à "risquer le paquet" (10 p 30). Quels sont leurs projets ? D’où viennent-ils ? On s’interroge sur leur identité ("Il n’était pas avec nous", "Je croyais qu’il faisait partie de votre équipe", 5 et 6 p 36). Mais dès la planche 21, on les voit déguerpir après avoir marché sur un nid de guêpes (case 2) : ils sont manifestement trop maladroits pour être des espions. En réalité, ce sont des paparazzi en quête de reportage, qui vont profiter de la venue d’une équipe de télévision pour prendre des photos de la Castafiore (2 p 35). Les clichés volés paraîtront quelques jours plus tard dans la presse spécialisée (8 p 41).
Mis au chômage, débarrassés de leur impératif de réduire à l’impuissance tous les malfaisants de la planète, les personnages principaux vont pouvoir enfin prendre conscience de certains travers de l’époque contemporaine. Pour être restés longtemps dans les hautes sphères, pour avoir longtemps fréquenté les chefs d’Etats, les grands scientifiques et autres, ceux-ci se révèlent complètement inadaptés au milieu populaire. "Dire qu’il y a des gens qui vivent au milieu d’immondices !" remarque le capitaine (6 p 3) : c’est seulement au vingt-et-unième album de la série qu’il s’en rend compte ! L’arrivée au camp bohémien ressemble à un débarquement sur une planète inconnue. Habitués à fréquenter les palais (celui du maharadjah des Cigares du pharaon et du Lotus Bleu, celui du roi dans Le sceptre d’Ottokar), les riches demeures (comme celle du professeur Bergamotte dans Les 7 boules de cristal), les complexes industriels onéreux (comme celui de la fusée lunaire d’Objectif Lune et On a marché sur la Lune), les hôtels de luxe (comme celui où on les enferme dans L’affaire Tournesol), et bien sûr le château de Moulinsart, les héros n’ont pas de repère. Milou, inquiet de se retrouver dans un endroit aussi insolite, fronce les sourcils, regarde à droite et à gauche (5 et 6 p 3) comme s’il était entouré d’extraterrestres. Pour la première fois, les perspectives sont inversées. A l’époque des 7 boules de cristal ou de L’affaire Tournesol, on suivait Tintin dans sa voiture, essayant de rattraper des ravisseurs sanguinaires ou de les semer, et dans le fond du décor, pour occuper le paysage, on voyait éventuellement un bidonville crasseux ou des nomades en voyage : à présent Tintin a quitté l’univers de la route, il déambule au milieu d’un groupe de Romanichels, et ce sont les grosses conduites intérieures bleues, les camionnettes rouges d’hier, que l’on voit passer, anonymes, au loin (5 p 1). Haddock multiplie les maladresses : ignorant que les Bohémiens n’ont pas assez d’argent pour payer un médecin (10 p 3), il s’imagine que cet endroit, c’est eux qui l’ont choisi (6 p 4). Ne sachant quel comportement adopter, il décide d’inviter ces indésirables chez lui. Mais ce geste sincèrement généreux n’est rien de plus que celui d’un bon bourgeois paternaliste qui ne dédaignait pas, il y a quelques temps encore, monter à cheval et porter le monocle (cf. Les 7 boules de cristal), et qui n’éprouve aucun remords, aucun problème de conscience, juste après avoir touché la misère de près, à revenir dans son château pour s’affaler dans un fauteuil de style et se servir un apéritif avec une pince à glaçons (p 5). Face à la pauvreté des Tziganes, que constate-t-on ? La gendarmerie reste soupçonneuse ("Il ne faudra vous en prendre qu’à vous- même s’ils vous amènent des ennuis", 5 p 13), la police aussi ("Ces gens sont tous des voleurs !", 7 p 47). Quant aux médias, ils sont bien plus occupés à valoriser exagérément des vedettes pour en tirer le maximum d’argent. Peu importe en effet les populations dans le besoin, la presse ne s’intéresse qu’à des "trucs qui se vendent" (1 p 23), n’hésitant pas à forcer l’information pour la rendre plus spectaculaire (elle fait d’une simple conversation un projet de mariage, 6 p 23) et ne se souciant pas de l’exactitude de ce qu’elle rapporte ("Haddock" devient "Hadok", "Moulinsart" devient "Moulinserre", et la création d’une rose envisagée au moment des Floralies gantoises, 10 p 23, devient une idylle naissante entre la Castafiore et le capitaine, 5 p 27). De son côté, la télévision, qui occupe une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne ("C’est une véritable invasion !", se plaint Haddock dans la scène symbolique de Moulinsart pris d’assaut par le monde du petit écran, 7 p 30), elle n’a d’yeux que pour celles et ceux qui se plient à sa loi. Comme il y a peu de chance de trouver un Romanichel acceptant de passer des heures au maquillage, patientant jusqu’à ce que les micros et les caméras soient convenablement placés, et conservant une prestance photogénique tout le temps de l’interview, la télévision préfère mettre à l’honneur des gens pas forcément recommandables. Les bijoux de la Castafiore sont, sur ce point, une véritable démystification de la star moderne. La cantatrice, qui dans le domaine public peut bien posséder un talent pour le chant lyrique, se révèle de façon catastrophique dans le privé. Elle est sans-gêne : elle débarque au château quasiment sans prévenir et "sans le moindre scrupule" (12 p 32), elle s’installe avec Irma et Igor, commande un piano pour le salon (4 p 18), invite les journalistes dans une demeure qui n’est pas la sienne (15 p 18, 7 p 29), offre du champagne qui ne lui appartient pas (3 p 30). Elle est inculte ("Ce lit à baldaquin [...] c’est de l’Henri XV, n’est-ce pas ?", 6 p 11). Elle est altière : elle n’accepte pas qu’un majordome la corrige ("C’est ce que je voulais dire, naturellement !", 7 p 11), ni que quelqu’un l’interrompt ("Quel est le malotru qui a osé ?", 6 p 34). Elle est bête : elle affectionne les tautologies ("Paris-Flash, c’est Paris-Flash", 2 p 19 ; "Tristian Bior [...], c’est toujours Tristian Bior", 5 p 25), elle minaude ("Euh... A mon tour ?... [...] Hu ! Hu ! Hu !", 3 p 32). Elle est prétentieuse : elle joue la blasée qui doit s’imposer la lourde "rançon de la gloire" (1 p 19) en recevant des journalistes "assommants" ("Mais que voulez-vous ?", 8 p 29), elle ne manque pas de rappeler que sa dernière tournée aux Indes a été "triomphale" (11 p 32) et assure qu’elle est "attendue avec impatience" aux Etats- Unis (7 p 33), elle n’accepte que les flatteries et pas l’article qui évoque, sans doute avec justesse, son quintal (2 p 42). Elle est colérique : elle envoie promener le capitaine (1 à 4 p 42), Igor (5 et 6 p 42), Irma (7 p 42), Lampion (11 et 12 p 42), Tournesol (3 p 43), Nestor (6 p 43), les Dupondt (12 p 46). Enfin elle est égoïste et avare : quand Irma est accusée, elle la défend non pas par solidarité, encore moins par amitié, mais parce qu’elle a peur de la perdre comme femme de chambre, et d’être obligée d’en prendre une autre qui lui réclamera des gages plus élevés (1 p 47).
Maintenant qu’il est en vacances perpétuelles, le "héros" va avoir tout le temps de multiplier les expériences de cette nature. Après avoir pris contact avec les gens du voyage, méprisés, oubliés, et les gens du show-business, matérialistes, vaniteux, envahissants, il approchera les financiers (Carreidas), les politiques (Tapioca, Alcazar), les artistes (Ramó Nash). Ancien acteur dynamique de l’Histoire, le "héros" est devenu un spectateur passif mais impartial du monde. Il n’agit plus : il erre et il montre.